Laurent Briand, maçon propriétaire
en 1688 à Saint-Symphorien

Portrait d'une famille de maçons (3/3)

Laurent Briand (ca 1654-1720), fils de Léonard et de Jeanne Dumas, est né soit à Droux dans le Limousin, d'où sa famille est originaire, à Saint-Jean-de-Liversay en Charente Maritime, où s'est établi son oncle Joseph, ou bien encore à Saint-Symphorien dans les Deux Sèvres, où il habite avec ses parents dès 1670, à la mort de son jeune frère Martin, et où naîtra Louise, sa première fille, en 1680.

Dans un ouvrages ayant trait à la commune de Saint-Symphorien [1], je retrouve Laurent cité dans un acte notarié datant de 1688. L'acte rend compte des droits des différents partis concernant l'exploitation de métairies, dans un aveu rendu à Charles de Malvin, seigneur de Saint-Symphorien à cette date :

De Saint-Symphorien. Nobles employés en la nommée du 28 juin 1688 (1) 
« Le droit de terrage au sixième des fruits payables sur le lieu, sur dix journaux de terre en une pièce de terre située près de la maison et métairie du Plessis, appartenant à l'avouant, de laquelle en appartient deux journaux au sieur Malineau et autres propriétaires de la métairie de Crameil (Cramenil) et dépendant de leur métairie, et le (surplus) appartenant à l'avouant comme étant aux lieux d'Anthoine SarreauLaurent Briand, Clément Soullet, Malineau, Brossard et Me Jacques Fradet, tenant ladite pièce de terre vers l'orient au chemin de la Grue qui conduit à Bessines, vers le midi et occident aux terres de ladite métairie du Plessis, et du septentrion au pré de la Grange de Bessines dépendant de l'abbaye de St-Liguaire et au pré Venu de M Sardin. Sujets aussi de la dîme à la seigneurie de Saint-Symphorien. La nommée a été rendue par moi Pierre Bastard, procureur à Niort et y demeurant, tant en mon nom que comme père et loyal administrateur de mes enfans et de défunte Louise Allonneau, vivante ma femme et, en cette qualité, héritière en partie de défunt Mre Jacques Allonneau et dame Anne Clémanson, vivants conjoints, mes beau-père et belle-mère, à Messire Charles de Malvin, chevalier, seigneur etc., à cause de sa châtellenie et seigneurie de Saint-Symphorien, au devoir de 10 sols d'aide, de devoir à mutation d'homme et de seigneur, lorsque ledit seigneur fait son homage au seigneur-baron de Mauzé, suivant le contrat de vente du 3 janvier 1623 fait par dame Renée de Barbezières, alors dame de Saint-Symphorien, à Mre Jacob Penigaud par Brunet notaire à Saint-Symphorien. »
[note de bas de page associé au texte ci-dessus] : (1) Dans les papiers de Pierre Bastard j'ai trouvé cette nommée ou aveu et dénombrement du 28 juin 1688. C'est un acte authentique passé à cette date devant Grugnet et Lafiton notaires. L'aveu est rendu à « Charles de Malvin, chevallier, seigneur de Permet [Perré, à Marigny ?] et de la Châtellenie, terre seigneurie de Saint-Symphorien. » Le 21 août 1717, par acte des mêmes notaires, Pierre Bastard rendit encore aveu au seigneur de Saint-Symphorien, qui était alors « Geoffroy de Mallevin conseiller au parlement de Bordeaux. Plus tard, le 12 février 1754, par acte de Ducrocq et Moriceau, notaires royaux, Piet-Duplessis, avocat au parlement de Paris, héritier de Marguerite Bastard, qui l'était elle-même de Pierre Bastard son père, rendit aveu à messire Anne-Chartes-François de Malvin marquis de Montazeth comte de Plassac, Maumon et autres lieux au nom et comme mary de dame Marie-Anne de Malvin, seigneur et dame de la terre, seigneurie et chastellenie de Saint-Symphorien. »





































La carte de Cassini, datant du XVIIIe siècle, mentionne le Plessis (la Plesse) et Crameil (Cramenil), et fournit une première indication quant à l'emplacement du terrain.


 

































































































Sur le plan du tableau d'assemblage du cadastre datant de 1830, on trouve la métairie du Plessis, et la Rue de la Grue qui forme une fourche.















































































































Les sections D1 et D3 du cadastre, dites de Chantigné, avec le découpage des lots en 1830.


















































Je ne peux qu'estimer l'emplacement du terrain près du point indiqué, où en tout cas dans le cercle alentour. On notera la Rue des Grues, au dessus de la Route de la Rochelle juste avant Bessines, et qui se prolonge vers le sud. 


Note

[1] Mémoires de la Société de Statistique du Département des Deux-Sèvres, Série 3 Tome 4, p71, Acquêts de François Bastard.


Liens :

Portrait d'une famille de maçons (1/3) :
1660 : Émigration des frères Briand

Portrait d'une famille de maçons (2/3) :
Le métier de maçon au XVIIe et XVIIIe siècle

Étymologie du patronyme Briand