Les villages voisins de la Foye : le Cormenier

[mise à jour le 23-3-2016]


L'église Saint-Entrope, datant du XIIe siècle.
Petit village de 300 habitants situé à 3 km à l'est de la Foye-Monjault, mais à seulement 500m de Beauvoir-sur-Niort, le Cormenier a fusionné avec la commune de Beauvoir en 2009. Jusqu'à la Révolution cependant, ce village se trouvait rattaché à la Foye. Les deux paroisses dépendaient alors du diocèse de Saintes et avaient pour seigneurs les Bénédictins de l'abbaye de Montierneuf à Poitiers [1].


L'église Saint-Eutrope et le cimetière à droite.

L'étymologie du toponyme « Cormenier » provient du gaulois « cormo » et du suffixe « ella » qui signifient « l'endroit où poussent les sorbiers ». Dans les vieux manuscrits, on trouve cette paroisse sous les dénominations suivantes : en 1077 « Cormer » et « Cormerium », au XIIe siècle « Cormenir », « Cormener » et « Cormenerium », en 1295 « le Cormener » et en 1402 « Cormenario ». C'est à partir de 1600 qu'apparaît le nom actuel « le Cormenier ». [2]

De son passé, le village a conservé l'église Saint-Eutrope, qui date du XIIe siècle, construite sous le sous le patronage de l’abbaye de Poitiers. Saint-Eutrope fut le premier évêque de Saintes (Louis Audiat relate en 1887 que le jour de sa fête, on venait y présenter les enfants pour qu'il les guérisse de l'enflure). Cette église donne une idée de celle, du même style, qui exista à la Foye jusqu'au XVIe siècle, avant sa destruction lors des guerres de religion.

De la construction du XIIe siècle, l'église n'a conservé qu'une abside voutée en cul-de-four, précédée d'une travée de choeur voutée pour une coupole byzantine sur pendentifs. La nef est récente. Le clocher se trouvait autrefois au-dessus de la coupole. Il a été remplacé par une bâtisse sans rapport avec le caractère originel de l'église. Le chevet (visible ci-dessous) présente l'emploi de deux colonnes accouplées en guise de contrefort, ce qui a permis de donner aux fenêtres plusieurs voussures, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. [2]

Cette église fut détruite aux deux tiers pendant les guerres de religion, et les restes de la nef s'écroulèrent en 1721, contraignant les habitants à se rendre à Beauvoir pour assister aux offices. Durant la Révolution, les objets de culte et les ornements sacerdotaux furent brulés. En 1792, les biens de l'église furent vendus, tout comme ceux du prieuré de la Foye. La paroisse fut longtemps dépourvue de presbytère. pour y remédier, le curé Poplineau fit l'acquisition d'un immeuble qu'il légua en 1862 aux communes du Cormenier et de la Revêtizon, à charge pour elles d'y loger le curé. En 1877, le curé Brisson entreprit la réfection de la nef qui fut entièrement reconstituée. [2]









































L'histoire médiévale de la Foye, comme celle du Cormenier, est liée au roi Plantagenêt Richard Coeur de Lion, contemporain de la fondation de l'église. Ce dernier, fils d’Aliénor d'Aquitaine élevé dans le duché de sa mère, s'il fut roi d'Angleterre, fut aussi comte de Poitiers et d'Anjou et ne parla jamais l'Anglais.

Richard Coeur de Lion (1157-1199)
On rapporte qu'il s'était arrogé le droit de loger ses veneurs et ses chiens dans les maisons des prieurs de Fors et de la Foye-Monjault. Au XIXe siècle, au Cormenier, un habitant découvrit un vase de terre contenant près de deux cent deniers datant de son règne.


Dès le moyen-âge, tout comme pour la Foye, l'économie de la paroisse du Cormenier fut dans une large part associée à la viticulture. Le vin y était réputé d'une qualité supérieure à celui de la Foye-Monjault, quoique plus sec.

Avant la Révolution, le Cormenier faisait partie de l'élection et de la Sénéchaussée de Niort, de la généralité de Poitiers, du parlement de Bordeaux, et pour la justice seigneuriale relevait de la Foye-Monjault. [2]

Le 1er mars 1789, les habitants réunis devant la porte de l'église exprimèrent leurs revendications pour le Cahier de doléances et choisirent comme délégué J. Hérissé. En 1790, la commune fut rattachée au canton de Beauvoir, puis en 1802 au diocèse de Poitiers. [2]

Au XVIIIe et XIXe siècle, les femmes  portaient la robe longue et la coiffe dite saintongeaise. De nombreuses paroisses avaient leur style propre, et leur dessin a évolué avec l'époque. Celle de Beauvoir-sur-Niort, ci-dessous, sans doute très proche de celles du Cormenier et de la Foye, consistait d'un petit bonnet de dentelles ouvragées et d'un voile. Elle date probablement de la fin du premier Empire, qui vit certaines coiffes hautes réduites à un bonnet arrondi.

La coiffe saintongeaise de Beauvoir-sur-Niort
De 1871 et au moins jusqu'en 1921, il y avait au Cormenier une école de de filles avec pensionnat, dirigée à l'origine par des religieuses. [2]

De nos jours, une fontaine veille encore à l'entrée du village, le long d'une petite route boisée, bordée de  haies, à travers lesquels on peut apercevoir l'église (photos de Nicole Gauthier) :








































































































Nombre d'habitants de la paroisse [2] :
  • 1716 : 320
  • 1744 : 300 
  • 1790 : 385
  • 1802 : 340
  • 1921 : 300 

Liste des maires [2] :
  • Hérissé (1793-1799)
  • Allain (1799-1820)
  • Alleau (1820-1830)
  • Allain (1830-1840)
  • Alleau (1840-1870)
  • Nourrigeon (1870-1876)
  • Bonneau (1876-1884)
  • Forestier (1884-1887)
  • Champagnard (1887-1888)
  • Clouzeau (1888-1889)
  • Daniault (1889-1892)
  • Clouzeau (1892)

Liste des curés 
[2] :
  • Robert (1692-1732)
  • Jozereau (1732-1749)
  • Parat (11749-1765)
  • Ligaut (1765-1766)
  • Arnaud (1766-1808)
  • Poplineau (1853-1864)
  • Brisson (1864-1878)
  • Raymond (1878-1913)
  • Clément (1913)

Carte du cadastre


La paroisse comprend aussi le village du Fenestreau, plus proche de la Foye :


































Le cimetière du Cormenier


Les tombeaux les plus caractéristiques possèdent une dalle en bâtière reposant sur un pied et appuyée sur la stèle, avec une plaque apposée en céramique de Limoges.



Plaque de Victoire Quairé :



Victoire Quairé (1837-1925), épouse d'André Constant Nourrigeon (1831-/1925) était une cousine issue de la branche des Quairé de la Revêtizon, paroisse où ce patronyme semble principalement concentré vers la fin du XVIIe siècle. La Revêtizon est un village de 200 habitants, situé juste au nord du Cormenier, qui avait déjà fusionné avec Beauvoir en 1973.

Je descends avec Nicole de Louise Quairé (c1682-1749), épouse de Pierre Pommier (c1685-1740), qui vivaient non loin de là, à Marigny. [V.: Généalogie de cette famille du XVIIe siècle jusqu'au XIXe siècle, et étymologie du patronyme Quairé].


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Mes ancêtres au Cormenier
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Notes
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[1] La déclaration du prieur de la Foye, en novembre 1789, indique qu'à cette date le village du Cormenier dépendait du prieuré de la Foye et des Bénédictins de Montierneuf à Poitiers. Mais Léonce Cathelineau, dans son ouvrage Cahier de doléances des sénéchaussées de Niort et de Saint-Maixent, et des communautés et corporations de Niort et Saint-Maixent pour les États généraux de 1789, indique qu'en 1750 ils dépendaient des Bénédictins de Saint-Maixent. Par ailleurs, Henri Demellier ajoute qu'elle dépendait de l'archiprêtre de Mauzé jusqu'en 1648 et de celui de Frontenay de 1648 à la Révolution.   [<-]

[2] Henri Demellier, curé de Saint-Étienne-la-Cigogne, Notes Historiques sur le Canton de Beauvoir, 1921, p131 à 133   [<-]